Héritage : 5 astuces pour réduire les droits de succession

Un héritage est-il une chance ? La plupart d’entre nous aimeraient penser qu’il s’agit d’un cadeau laissé par nos proches, quelque chose de précieux qui leur survivra.

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Malheureusement, entre la montagne de paperasse et les diverses factures à acquitter, ce cadeau peut bien souvent se transformer en véritable fardeau. Surtout lorsque vient le moment de payer les droits de succession…

Inattendus et souvent coûteux, ces frais peuvent en effet peser lourd sur le portefeuille des héritiers du défunt.

Mais ne vous inquiétez pas, tout n’est pas perdu ! Il existe des moyens de minimiser, voire d’éviter ces frais. Alors, vous êtes prêt(e) à découvrir comment déjouer le système (légalement bien sûr) ? Suivez le guide !

Les droits de succession : qu’est-ce que c’est ?

Les droits de succession sont une somme d’argent que vous devez payer à l’État lorsque vous acceptez un héritage.

Le montant de ces droits varie selon la valeur de l’héritage et votre lien de parenté avec la personne décédée.

Pour certains héritiers, comme les proches directs, le système est plutôt généreux.

Par exemple :

  • Si vous êtes le conjoint survivant ou partenaire de PACS du défunt, vous êtes totalement exonéré.
  • Pour les enfants ou petits-enfants, l’addition sera plus salée, mais un système d’abattement vient alléger la note.

Avant de pousser un soupir de soulagement, sachez que même après abattement, les taux de taxation restent progressifs. Cela signifie que plus le montant de la succession est important, plus les droits seront élevés.

Voici donc à quoi vous devez vous attendre :

Catégorie d’héritiers Part taxable Taux applicable
Héritiers en ligne directe (enfants, parents) Jusqu’à 8 072 euros 5%
De 8 073 € à 12 109 € 10%
De 12 110 € à 15 932 € 15%
De 15 933 € à 552 324 € 20%
De 552 325 € à 902 838 € 30%
De 902 839 € à 1 805 677 € 40%
Au-delà de 1 805 677 € 45%
Frères et sœurs Inférieur à 24 430 € 35%
Supérieur à 24 430 € 45%
Parents jusqu’au 4e degré Tous les cas 55%
Autres héritiers Tous les cas 60%

Vous l’avez compris, les droits de succession peuvent représenter une part importante du patrimoine successoral reçu… Mais rassurez-vous, en planifiant bien votre succession, vous pourrez optimiser vos abattements et réduire ces fameux droits… Voyons comment !

5 astuces pour éviter ou réduire les droits de succession

Astuce n°1: La donation, le mécanisme idéal pour faire baisser la note successorale

Donner de votre vivant fait partie des moyens les plus efficaces pour réduire les frais de succession. Eh oui, pour chaque donation, l’administration fiscale applique un abattement qui dépend du lien de parenté entre le donateur et le bénéficiaire (enfant, conjoint survivant…).

Ce petit tableau vous permettra d’avoir une idée plus précise des abattements auxquels vous pouvez prétendre pour une donation :

Relation Abattement
Entre conjoints ou partenaires de PACS 80 724 euros
Entre parents et enfants 100 000 euros
Entre grands-parents et petits-enfants 31 865 euros
Entre arrière-grands-parents et arrière-petits-enfants 5 310 €
Entre frères et sœurs 15 932 €
Entre oncles/tantes et neveux/nièces 7 967 €
Personnes handicapées (supplémentaire) 159 325 €

Comme vous le voyez, les abattements peuvent être vraiment intéressants. Cependant, il faut savoir que, si vous donnez une somme qui dépasse l’abattement, l’excédent sera taxé.

Les taux de taxation sont alors les mêmes que ceux des droits de succession.

En bref, vous l’aurez compris, en faisant des donations régulières, tous les 15 ans, vous pouvez transférer progressivement votre patrimoine à vos proches, sans qu’ils aient à payer de droits. Une belle économie non ?

Astuce n°2 : Le démembrement, un outil pratique et avantageux

Le démembrement est un mécanisme peu connu et peu utilisé, pourtant cela peut s’avérer très astucieux !

Cette technique juridique vous permet de transmettre la propriété de vos biens immobiliers tout en limitant les droits de succession.

Pour faire simple : Le démembrement consiste à diviser la propriété d’un bien en deux :

  • la nue-propriété,
  • et l’usufruit.

Vous vous demandez peut-être ce que ces termes signifient ? Eh bien, l’usufruitier a le droit d’utiliser le bien et d’en tirer profit alors que le nu-propriétaire possède le bien, mais n’a pas le droit de l’utiliser ou d’en percevoir les revenus.

Voici ce qui rend cette méthode si intéressante :

  • Les droits de donation ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, ce qui signifie moins d’argent à payer.
  • Un parent peut donner la nue-propriété à ses enfants tout en gardant l’usufruit, ce qui lui permet d’utiliser ou de louer le bien.

Mais jetons un oeil à ce petit tableau pour mieux comprendre :

Âge de l’usufruitier (donateur) Valeur de l’usufruit Valeur de la nue-propriété
Moins de 41 ans 70% 30%
Entre 41 et 50 ans 60% 40%
Entre 51 et 60 ans 50% 50%
Entre 61 et 70 ans 40% 60%
Entre 71 et 80 ans 30% 70%
Plus de 81 ans 20% 80%

Pensez-y de cette façon : vous pouvez continuer à vivre chez vous ou à percevoir des loyers, et vos héritiers paieront moins cher lors de la transmission du bien.

Et rassurez-vous, à votre décès, votre usufruit se retrouvera automatiquement entre les mains de vos héritiers, sans qu’ils aient à payer un sou de plus !

Astuce n°3 : La SCI pour une transmission douce et programmée

Ah, l’immobilier… Source de richesse, mais aussi de casse-tête lorsqu’il s’agit de le transmettre.

Heureusement, la Société Civile Immobilière (SCI) peut vous aider à simplifier les choses tout en réduisant les droits de succession.

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Concrètement, la SCI est une entité juridique qui possède vos biens immobiliers. En contrepartie, vous possédez des parts de cette entreprise.

Voici en quoi cela vous aide :

  • Les biens sont fractionnés en parts sociales pour une transmission plus facile.
  • Les parts sociales sont traditionnellement estimées moins chères que le bien lui-même, ce qui conduit le fisc à appliquer une décote de 15 % sur leur valeur.
  • Vous pouvez donner quelques parts à vos enfants tous les 15 ans, bénéficiant ainsi des abattements fiscaux courants.

Pour faire simple la SCI c’est :

Avantages de la SCI
Fractionnement du bien en parts sociales
Réduction de 15% de la valeur des parts sociales (décote)
Donation possible tous les 15 ans

La SCI permet ainsi d’éviter l’indivision, souvent source de conflits entre héritiers du défunt. Elle facilite la transmission du patrimoine immobilier et minimise les droits de succession. En quelques mots, elle rend la vie plus facile à tous !

Astuce n°4 : L’assurance-vie, la succession sans encombre

L’assurance-vie, vous en avez sûrement déjà entendu parler. Mais saviez-vous qu’elle constitue également un excellent moyen de réduire les droits de succession ?

Il s’agit d’un contrat d’épargne qui a une double utilité :

  • il vous permet de faire fructifier un capital,
  • tout en préparant la transmission de votre patrimoine.

Et le petit plus, c’est que les sommes transmises échappent aux règles classiques de la succession.

Voyons ensemble comment cela fonctionne :

  • Vous choisissez librement les bénéficiaires qui recevront le capital à votre décès.
  • Chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 152 500 euros sans payer un centime de droits, tant que vous avez effectué les versements avant l’âge de 70 ans.
  • Si les versements sont effectués après 70 ans, vos bénéficiaires pourront recevoir jusqu’à 30 500 euros sans avoir à payer de droits de succession.

Cela signifie qu’en répartissant judicieusement votre patrimoine entre différents contrats d’assurance-vie et différents bénéficiaires, vous pouvez transmettre une belle somme, sans que vos proches aient à s’acquitter de droits de succession. Une véritable aubaine !

Astuce n°5 : Investir dans les forêts et les vignes

Et si en plus de faire des économies sur les droits de succession, vous participiez à la sauvegarde de notre planète ? C’est l’opportunité que vous offrent les investissements dans les forêts et les vignes ! Plutôt tentant, non ? Voici comment cela fonctionne :

  • Vous achetez une parcelle de forêt ou un vignoble. Ces derniers sont gérés par un Groupement Foncier Forestier (GFF) ou un Groupement Foncier Viticole (GFV).
  • Vous devenez ainsi propriétaire d’une partie de ces espaces naturels.

L’intérêt pour la planète n’est pas le seul bénéfice. En effet, seuls 25 % de la valeur de votre parcelle sont soumis aux droits de succession. Ce n’est pas tout ! Voici encore plus d’avantages :

  • Les revenus générés par l’exploitation du bois ou de la vigne vous sont reversés, ce qui est plutôt intéressant.
  • Non impactées par la crise financière, ces investissements sont considérés comme des actifs refuges.
  • Enfin, l’État vous encourage à investir dans ces domaines, grâce à des réductions d’impôt sur le revenu et une exonération partielle de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).

Pour résumer, en investissant dans des forêts ou des vignes, vous contribuez à un monde plus vert, tout en offrant à vos héritiers un héritage moins taxé. Que demander de plus ?

Payer moins d’impôts sur votre héritage : ce qu’il faut retenir

Voilà, nous avons fait le tour des astuces pour minimiser l’impact des droits de succession sur le patrimoine hérité. Vous avez maintenant toutes les clés en main pour préparer sereinement l’avenir de vos proches. Voici les points à retenir :

  • Les droits de succession peuvent représenter une part conséquente du patrimoine successoral, mais il existe des moyens de les réduire.
  • La donation permet de transmettre du patrimoine de son vivant en bénéficiant d’un abattement tous les 15 ans.
  • Le démembrement partage la propriété d’un bien entre un usufruitier et un nu-propriétaire, réduisant ainsi les droits à payer.
  • La SCI facilite la transmission de l’immobilier et peut bénéficier d’une décote sur la valeur des parts sociales.
  • L’assurance-vie est une façon efficace de contourner les règles classiques de la succession et peut permettre une transmission sans droits jusqu’à 152 500 euros par enfant.
  • Investir dans des forêts ou des vignes peut également être avantageux car seule une partie de la valeur est soumise aux droits de succession.

Attention, ces astuces ne sont que des pistes générales. Il peut donc être judicieux de consulter un professionnel du patrimoine pour obtenir un conseil personnalisé.

En mettant en place une stratégie adaptée à votre situation, vous pouvez assurer le futur financier de vos proches tout en honorant la mémoire de ceux qui vous ont transmis leur patrimoine.

L’héritage n’est pas qu’une affaire d’argent, c’est aussi une question d’amour et de respect pour ceux qui nous ont précédés.

Alors, préparez-vous bien, car ils comptent sur vous. Et rappelez-vous : avec les bons outils, le fardeau des droits de succession peut devenir beaucoup plus léger !

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