SCPI : faut-il s’inquiéter face aux problèmes de liquidité de certaines sociétés ?

Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) sont confrontées à des difficultés croissantes de liquidité, suscitant l’inquiétude des épargnants. Certains véhicules peinent à répondre aux demandes de retrait des investisseurs, notamment ceux exposés au marché des bureaux.

SCPI : Des épargnants mécontents face aux délais de retrait

Plusieurs épargnants se sont plaints de ne pas pouvoir récupérer rapidement leur argent placé en SCPI. Le médiateur de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a même été saisi par l’un d’entre eux n’ayant pas obtenu le remboursement escompté.

Un détenteur de parts de SCPI, s’est en effet vu signifier par son chargé de clientèle un délai de 3 semaines avant de percevoir les fonds demandés. Un temps d’attente inhabituel qui traduit les tensions actuelles sur la liquidité de certains véhicules.

Des problèmes aggravés pour les SCPI à capital variable

Les SCPI à capital variable, qui représentent la majorité du marché, sont particulièrement vulnérables lorsque les rachats excèdent les souscriptions. Leur équilibre financier repose sur la collecte de nouveaux capitaux permettant de compenser les sorties.

Or, depuis le second semestre 2023, les demandes de retrait ont nettement augmenté tandis que la collecte ralentissait. Un décalage mettant à mal le modèle économique de ces fonds et contraignant les sociétés de gestion à puiser dans leurs réserves ou vendre des actifs dans l’urgence.

Une poignée de SCPI cristallise les tensions

Sur les 215 SCPI du marché, une douzaine concentre les problèmes de liquidité les plus aigus. Les fonds les plus touchés sont notamment :

  • Épargne Foncière,
  • LF Grand Paris Patrimoine,
  • Crédit Mutuel Pierre 1,
  • Pierrevenus,
  • et Pierre Rendement.
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Épargne Foncière, gérée par La Française REM, est dans une situation particulièrement critique avec plus de 284 millions d’euros de demandes de retrait en attente fin 2023. D’autres comme Pierre Rendement pilotée par Aestiam ont dû activer leur fonds de remboursement pour tenter de rétablir la liquidité des parts.

Un contexte immobilier dégradé

Ce phénomène traduit également les turbulences du marché immobilier. La hausse des taux et le ralentissement économique pèsent sur la valorisation des actifs détenus par les SCPI, entraînant des ajustements à la baisse du prix des parts.

Le segment des bureaux en Ile-de-France suscite particulièrement l’inquiétude avec une dégradation des fondamentaux. Au quatrième trimestre 2022, les SCPI ont enregistré 1,3 milliard d’euros de demandes de rachat, un niveau très élevé.

  • La collecte brute des SCPI est revenue en 2023 à son niveau d’avant le record de 2022, signe d’un regain de frilosité des épargnants.
  • Certaines SCPI envisagent des programmes de cession d’actifs ou la suspension de la variabilité du capital pour résorber leurs difficultés.

Même si toutes les SCPI ne sont pas logées à la même enseigne, la multiplication des signaux d’alerte questionne la liquidité réelle de ces placements plébiscités par les épargnants français. Une situation qui appelle à la vigilance.

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